Le constat est simple. Pour limiter une augmentation de la température globale à plus de 2°C d’ici à 2100 (objectif des accords de Paris), il faut réduire les émissions globales de gaz à effets de serre de 25% par rapport à 2017 d’ici à 2030 (et de 55% pour limiter l’augmentation de la température globale à 1,5°C)[1]. Pour réaliser cela, il est important de travailler sur tous les fronts : individuel, local, national et international.

Je vais résumer sur ce site des solutions pour chacun de ces niveaux et je vais commencer ici par le niveau individuel. Après tout c’est sur celui-ci que nous avons le plus de pouvoir.

L’idée n’est pas de changer toutes nos habitudes en un jour, une semaine ou un mois mais de vous présenter une façon de changer nos habitudes de manière progressive. Libre à chacun ensuite d’établir sa propre échelle de temps. Pour ce guide, j’ai choisi une période de transition d’un an parce qu’il ne faut pas trop trainer non plus ! Pour chacun des changements que je vous présenterai, je vous proposerai un objectif afin de le mettre en place d’ici la fin de l’année. Il est important de répartir ces objectifs sur différents mois pour ne pas avoir trop de choses à faire en même temps et de finalement abandonner parce c’est trop dur. 

Certaines des solutions présentées ici sont très simples et très peu couteuses en temps, argent ou volonté, d’autres moins ; c’est pourquoi j’ai souhaité établir une échelle de progression prenant en compte ces axes ainsi que l’impact carbone généré. Ceci est bien entendu à adapter selon votre style de vie et vos principales sources d’émissions de gaz à effets de serre. 

                                     

Ce travail est le fruit de mes recherches personnelles mais je ne suis pas un expert. J’ai voulu créé ce guide car je n’ai pas vraiment trouvé en ligne quelque chose qui était à la fois gratuit, qui priorisait les actions ou même qui recherchait l’exhaustivité. Je vous invite donc à bien consulter toutes les références que je cite et à élaborer vous-même votre propre échelle de progression. Mes trois références principales pour élaborer ce guide sont le rapport ‘Faire sa part ?’ de Carbone4, le rapport ‘Ménages & Environnement, Les chiffres clés – Édition 2017’ du ministère de transition écologique et solidaire, et le très bon livre ‘Notre empreinte cachée’ de Babette Porcelijn.

J’ai aussi choisi de partir du principe que le recyclage était maintenant une action mise en place par la plupart des gens (surtout ceux qui seraient intéressés par ce guide) et qu’il était inutile d’en parler. J’ai choisi à la place de parler du zéro déchet.

Il faut aussi savoir que nos émissions ne peuvent pas diminuer de 100% en changeant seulement nos habitudes personnelles. Il faudra également mettre en place des changements d’organisation sociétale afin d’y arriver. Une étude de Carbone4 (mentionnée ci-dessus) a d’ailleurs essayé de chiffrer le pourcentage de diminution qu’un français moyen pouvait faire par lui-même. Ce pourcentage était de 25% de la diminution nécessaire pour atteindre nos objectifs de 2°C. Cela peut paraître peu, mais ce chiffre est pour un français moyen et peut donc être largement plus grand selon vos habitudes actuelles et peut sans doute atteindre les 50%, voire plus.

 

0/ Calculer son empreinte carbone

L’empreinte carbone est la mesure en équivalent carbone des gaz à effets de serre émis par nos actions de tous les jours, l’énergie que l’on utilise, les transports que l’on prend, la nourriture que nous consommons. Aujourd’hui l’empreinte carbone moyenne d’un Français est de 11,9 tonnes d’équivalent CO2, c’est-à-dire qu’il faudrait au moins 2,7 planètes pour subvenir à la consommation des français[2]. On aime bien blâmer les Etats-Unis et la Chine mais la France est quand même à la 18e place des pays en émissions totales d’équivalent carbone.  Pour éviter que l’augmentation des températures ne dépasse les 2°C d’ici 2050, chaque habitant de la planète ne devrait pas émettre plus que 2,1 tonnes de CO2. Ceci est d’ailleurs déjà le cas pour la moitié des pays du monde. L’objectif est donc clair, nous devons réduire nos émissions d’environ 80% et nous allons voir ici comment chacun peut faire sa part.

Le mieux pour débuter est donc de calculer votre propre empreinte carbone. Non seulement cela vous donnera une meilleure idée du coût carbone de vos habitudes de vie mais vous pourrez ainsi vous donner un objectif de diminution spécifique et vous serez d’autant plus satisfait de vos efforts quand vous verrez le nombre de tonnes de carbone diminuer au fil des mois.

Pour calculer votre empreinte je vous recommande le site d’avenir climatique qui propose un outil de calcul qui a été créé par deux associations (Avenir Climatique et TaCa) dont un des objectifs est d’informer le public sur le dérèglement climatique et l’impact carbone de nos actions. Il est basé en grande partie sur les données de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Ce qui est particulièrement intéressant avec cet outil est qu’il prend en compte non seulement nos habitudes de vie (alimentation, transport, etc) mais aussi l’impact de nos actifs financiers (si notre argent est investi par des banques dans l’industrie des énergies fossiles par exemple ou dans des banques qui veulent au contraire protéger l’environnement) et attribue également un forfait moyen dû aux services de l’Etat (écoles, routes, santé, etc). Il permet aussi de créer un compte pour garder nos résultats (et même les voir évoluer) ou de simplement télécharger le format excel du calculateur pour le garder nous-même. Attention tout calculateur individuel ne peut être qu’approximatif (il est impossible de calculer toute notre consommation directe et indirecte de gaz à effets de serre) donc prenez les résultats comme une indication approximative de votre empreinte carbone. Pour commencer le test il vous suffira donc de cliquer sur ce lien et de choisir votre format de bilan (je vous recommande le bilan complet car il n’est pas si différent du bilan rapide). Vous devrez ensuite cliquer sur chaque catégorie et ensuite entrer vos informations pour chacune d’elles. Quand vous aurez fini, vous pourrez vous comparer à la moyenne française et si vous le souhaitez, enregistrer vos résultats sur votre compte.

                               

Bravo vous avez fait la première étape ! Ces chiffres peuvent paraître déroutants et décourageants au premier abord mais ne vous inquiétez pas, cette page comporte un tas de conseils dont certains vous permettront de drastiquement réduire votre empreinte carbone avec un minimum d’efforts. Pour le reste il faudra quand même s’armer de volonté et nous verrons ensemble comment mettre en place ces changements de manière progressive pour faciliter la transition.  En attendant je vous encourage à prendre le temps de bien comprendre comment sont répartis vos consommations carbones, cela vous sensibilisera déjà sur les catégories à prioriser.

     

1/ Changer de fournisseur d’électricité

Cette action est tellement simple à réaliser que cela choque parfois les gens. Il suffit de s’inscrire chez un nouveau fournisseur et celui-ci se charge de tout, même de résilier votre abonnement chez votre précédent fournisseur. Ce geste simple peut changement peut se faire en quelques minutes, une fois que vous avez choisi votre nouveau fournisseur. Pour faire cela, Greenpeace nous facilite la tâche grâce à son classement de l’électricité verte en France[3]. Il se peut que votre facture augmente un peu mais avec toutes les changements que vous allez mettre en place grâce au reste de cet article, vous pourrez en réalité payer moins. Tous les fournisseurs ne sont pas disponibles partout pour le moment mais plus de gens souscrivent plus l’entreprise peut grandir. Pour certains fournisseurs il est également possible de parrainer quelqu’un et d’avoir une remise sur sa facture (vous et la personne parrainée), donc vous pouvez économiser de l’argent et en même temps convaincre d’autres personnes de passer à l’énergie renouvelable !

                                               

Se convertir à l’énergie renouvelable ne veut pas dire que vous pouvez tout laisser allumer tout le temps (si vous en avez les moyens). Même l’énergie renouvelable émet des gaz à effets de serre (construction, circulation, fuites de gaz), bien que largement moins que l’énergie fossile. N’oubliez pas que pour être dans une perspective de réduction de son empreinte carbone il faut se forger une mentalité de sobriété et donc essayer de réduire sa consommation et ainsi son impact sur la planète.

Environ 75 % de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire mais la loi sur la transition énergétique prévoit de réduire cette part à 50% au profit du renouvelable. Certes l’énergie nucléaire est considérée comme une énergie bas-carbone mais elle comporte tellement d’autres désavantages dont de multiples impacts sur l’environnement, un coût conséquent et des temps de construction très longs, que l’énergie renouvelable est bien souvent préférable[4].

Si vous voulez aller un peu plus loin pour réduire votre impact énergétique (et avez la capacité de faire des investissements conséquents, quoique déduits de taxe) je vous conseille également de vous renseigner sur l’isolation, l’installation de panneaux solaires ou de pompes à chaleur (attention pas n’importe lesquels).

Objectif : Se renseigner sur les entreprises de l’énergie verte et changer de fournisseur.

 
 

2/ Ne pas prendre l’avion

Bon soyons francs, en réalité ce point aurait peut-être dû être le premier mais il dépend tellement du milieu socio-économique et il représente une telle difficulté pour certaines personnes que je l’ai relégué en deuxième position.

Parlons un tout petit peu chiffres. Un aller-retour Paris-New York (environ 12 000 km) consomme au minimum 1,2 tonnes de CO2 par personne[5][6] soit 10% de l’empreinte carbone moyenne d’un français, c’est énorme. Si on prend en compte le fait que chacun peut réduire en moyenne son empreinte de carbone de 20% alors la part de l’avion devient gigantesque. Pour prendre une autre perspective cela veut dire qu’un aller-retour Paris-New York représente plus que la moyenne annuelle d’émissions par personne de 64 pays[7] soit ¼ des pays du monde ! Je vous encourage donc vraiment à reprendre votre calcul de votre empreinte et de regarder la part que représente l’avion ou alors au moins de faire des calculs très rapide sur ce calculateur. Pour un équivalent sur le territoire français, 1,2 tonnes de carbone c’est aussi ce qu’émettent 6 allers-retours Paris-Marseille par personne.

La grande question est : comment peut-on faire pour se déplacer si on ne va pas prendre l’avion ? Il y a deux choses à prendre en compte pour répondre à cette question. Premièrement il faut savoir que l’aviation bénéficie d’énormes subventions de l’état, principalement sous la forme d’absence de taxes sur le kérosène. Ceci explique pourquoi un aller-retour en avion pour la Grèce peut coûter 40 euros alors qu’un simple aller Nantes-Paris va en coûter autant. Il faut donc faire en sorte que nos élus mettent des changements en place et ceci peut se faire partiellement en diminuant la demande pour l’avion et augmentant la demande pour le train. Deuxièmement, effectivement il faut comprendre qu’on ne peut pas se permettre de voyager aussi loin qu’avant, du moins si on veut le faire à la même vitesse. Ceci est d’autant plus difficile lorsque on voit des amis ne pas douter une seconde avant d’acheter des billets pour se rendre une semaine sur une plage à plusieurs milliers de km alors qu’on s’en prive soi-même. Mais sachez que la mentalité de l’avion pour le plaisir recule. L’exemple le plus inspirant à ce sujet nous vient de la Suède où l’on voit se développer ce fameux mot et philosophie qu’est le flygksam ou la honte de prendre l’avion. Nous nous devons de montrer l’exemple jusqu’à ce qu’assez de personnes rejoignent nos rangs pour faire basculer les mentalités.

                                                

Nous avons aussi tendance à oublier que la France et nos pays limitrophes sont magnifiques et incroyablement diversifiés, et qu’on ne passe certainement pas assez de temps à les découvrir et explorer. Le train peut aussi être beaucoup plus agréable que l’avion. Les paysages sont parfois magnifiques (en passant le long de la méditerranée vers Perpignan on peut par exemple passer au milieu de bancs de flamants roses) et il est beaucoup plus facile de travailler pendant un voyage en train (j’ai convaincu de nombreux collègues par l’exemple).

Si vous êtes un gros consommateur d’avion je peux imaginer que ça va être compliqué psychologiquement de s’arrêter net du jour au lendemain. Je vous conseille donc de calculer vos émissions d’aviation sur les 3 dernières années et de revoir votre future consommation en prévoyant comment vous aller les réduire sur les 3 prochaines années.

Dernier conseil, si vous ne pouvez vraiment pas éviter de prendre l’avion, essayer de prendre des connexions directes car les décollages et atterrissages représentent une grande partie de la consommation de kérosène des avions.

Objectif : Revoir ses projets de voyage et/ou de déplacements professionnels et rechercher des alternatives de transport/destination/méthode de travail (ex : diminuer ses trajets d’avion d’un aller-retour par an par rapport à l’année précédente).

 

 3/ Changer de banque

 Vous ne vous y attendez peut-être pas et pourtant certaines organisations estiment que votre argent peut représenter une partie importante de notre empreinte carbone. En effet, l’argent déposé sur un compte courant est entreposé avec l’argent de tous les autres clients de la banque et celle-ci peut ainsi l’utiliser pour faire des prêts et des financements d’entreprises sans que cela n’ait un impact sur votre argent à vous. Cet argent peut être utilisé pour financer des industries fossiles ou au contraire des industries durables. Même chose pour votre épargne (pour le coup, là c’est vous qui demandez à votre banque d’investir votre argent). C’est pour cela que les Amis de la Terre et le cabinet de conseil Utopies ont publié un classement carbone des banques françaises en fonction de leur politique d’investissement :

                                   

Ces organisations ont calculé que 5 000 euros déposés sur un compte en banque ou un fonds en actions polluent indirectement autant qu’un 4×4, sur toute une année[8] ; c’est donc un impact non négligeable sur lequel vous avez le pouvoir.

Changer de banque représente un peu plus d’effort que pour les fournisseurs d’électricité mais pas beaucoup plus ! Il suffit de vous renseigner sur les banques, prendre rendez-vous avec la banque de votre choix et après l’ouverture du compte résilier votre ancien compte en transférant l’argent sur le nouveau. Vous pouvez pour cela trouver plus d’informations ici.

Objectif : Se renseigner sur les impacts des banques et éventuellement changer de banque.

 

4/ Manger beaucoup moins de viande

J’entends déjà les exclamations ! Sans partir dans les stéréotypes de réponses que j’entends régulièrement, disons simplement que les français sont particulièrement sensibles à cette question. Attention je parle ici de beaucoup réduire notre consommation et non d’arrêter de manger de la viande complètement. Mais avant de parler du côté culturel, explorons pourquoi la viande produit tant de gaz à effets de serre.

Il faut savoir que le bétail représente environ 15% des émissions globales[9] dont 10% pour les bovins. Ces émissions viennent principalement de la culture de terres agricoles destinées à nourrir les animaux (qui représentent quand même 70% des terres agricoles ![10]) et de la digestion des ruminants qui produit du méthane, molécule certes qui dure moins longtemps dans l’atmosphère mais qui produit beaucoup plus de réchauffement que le CO2. Le bétail joue aussi un grand rôle dans la déforestation (80%[11]), ce qui réduit le potentiel d’absorption des émissions de carbone.

Les impacts les plus forts sont de loin l’agneau et la viande rouge. Vous pouvez vous référez à cette infographie[12] basée sur les données de l’ADEME pour vous donner une idée des priorités en termes de priorisation :

  

Comme vous pouvez le voir le poisson et les produits laitiers sont également très consommateurs de carbone donc attention à ne pas simplement remplacer la viande par ces produits. Manger moins de viandes rouges aura aussi l’avantage d’améliorer votre santé en diminuant vos risques de cancer ou de maladies cardiovasculaires.

Bien maintenant parlons du vrai problème, est-ce possible culturellement de moins manger de viande ? Premièrement la consommation de viande recule en France depuis 10 ans[13], signe que les choses évoluent (bon et que les prix augmentent mais pas que).

Deuxièmement diminuer sa consommation veut dire que vous pouvez quand même faire un barbecue de temps en temps, manger un saucisson à une soirée ou encore manger de la viande quand vous êtes invités quelque part.

Troisièmement, nous n’avons pas toujours mangé autant de viande. Nous mangeons aujourd’hui environ deux fois plus que nos grands-parents et trois fois plus que nos arrière-grands-parents[14] de viande, donc être français ne veut pas dire manger de la viande tout le temps.

Quatrièmement, vous allez voir qu’on s’habitue en fait incroyablement vite à ne pas manger de viande, si bien qu’on en perd même l’envie lorsque qu’on en mange quasiment plus…

La viande représente un bon exemple de comment réduire progressivement mais sûrement ses émissions de gaz à effets de serre. Vous pouvez par exemple réduire de mois en mois votre consommation sur une période d’un an en vous rajoutant un repas sans viande par semaine tous les mois (ce qui vous laisse 2 repas avec viande par semaine au bout d’une année si vous en mangez actuellement à chaque repas sous une forme ou une autre). Ceci vous donne également un peu de temps pour trouver des alternatives et agrandir votre recueil de recettes végétariennes ou végétaliennes (qui ne manquent pas en ligne). En attendant si vous devez acheter de la viande, essayez de privilégier le label Agriculture Biologique.

Je n’ai pas parlé des multiples impacts de l’élevage sur l’environnement, de l’utilisation de volumes d’eau considérables ou encore du traitement des animaux et de leurs abattages mais ces aspects sont également de très bonnes raisons de consommer moins de viande.

Objectif : Réduire de mois en mois votre consommation de viande (ex : un repas sans viande par semaine tous les mois en plus) pour finir par ne manger qu’une ou deux fois de la viande par semaine.

 
 

5/ Changer de mode de transport quotidien

Les transports quotidiens concernent surtout les trajets pour aller de chez soi au travail mais aussi pour aller faire des courses, emmener les enfants à l’école ou aller faire des activités et il peut parfois être difficile d’imaginer faire tout cela sans voiture. Néanmoins, de multiples solutions existent pour ne pas utiliser celle-ci. Vous pouvez prendre les transports publics, faire du vélo, ou encore faire du covoiturage. Les deux premières solutions dépendent en grande partie du réseau de transports publics et des voies cyclables de votre ville mais pour améliorer cela il faut voter aux élections municipales pour des partis voulant améliorer ces réseaux. Une majorité des français serait d’ailleurs prête à mettre leur voiture au garage si les infrastructures publiques le permettaient[15]. Ce qui peut mieux fonctionner même si c’est moins idéal au niveau émissions (privilégiez donc le vélo, puis les transports publics) c’est le covoiturage, notamment car il peut être plus flexible. Pour organiser cela, je vous encourage à en discuter avec vos collègues, voisins, parents d’élèves ou encore laisser des mots dans des endroits clés pour trouver des gens faisant plus ou moins le même trajet.

Gardez en tête que peu importe le nouveau moyen de transport, vous économiserez de l’argent ! Et avec le vélo vous améliorerez aussi votre santé !

Petit mot sur les voitures électriques : oui elles sont plus efficientes sur leur durée de vie qu’une voiture à essence mais je considère que l’heure est à la réduction d’abord puis à l’efficience et qu’il est donc bien plus important de moins utiliser sa voiture que de la remplacer. Si vous devez impérativement en acheter une en revanche, effectivement il serait peut-être judicieux de s’informer sur le sujet.  

Objectif : Trouver des solutions et s’organiser pour ne pas utiliser sa voiture pour les trajets quotidiens (ex : diminuer d’un aller-retour par semaine par rapport au mois précédent).

 

 6/ Manger local, de saison et idéalement bio

Nous avons déjà parlé de manger moins de viande mais ceci n’est pas le seul levier de diminution de nos émissions provenant de l’alimentation. Parce que oui on peut manger moins de viande mais si on mange aussi des aliments venant de l’autre bout du monde, comme des fraises en décembre, notre impact va rester important dû au transport et à la conservation de ces fruits et légumes. Pour vous faciliter la tâche il existe des tonnes de calendriers pour les fruits et légumes en ligne (mais attention beaucoup incluent des fruits ne venant pas de France). Greenpeace nous propose un calendrier[16], certes moins esthétique, mais qui nous donne seulement des produits venant de France métropolitaine. Regardez également bien les étiquettes quand vous allez au marché ou supermarché qui vous indiquent la provenance des produits. Vous pourrez ainsi choisir des produits français et même de votre région quand vous pouvez.

                                         

Enfin, manger bio permet de réduire l’utilisation des pesticides ce qui permet indirectement de réduire ses émissions de gaz à effets de serre mais surtout de préserver l’environnement et notre santé. Cependant il est vrai que, même si les prix diminuent progressivement, le bio reste souvent plus cher que le non bio ; mais si vous pouvez vous le permettre la balance coûts/bénéfices penche quand même largement en faveur du bio.

Objectif : Se procurer un calendrier et n’acheter progressivement que des fruits et légumes correspondants au mois concerné.

 

 7/ Diminuer la température du chauffage

L’ADEME recommande un maximum de 19 dans les pièces à vivre et 16 dans les chambres. Si vous êtes au-dessus je vous conseille de baisser petit à petit jusqu’à atteindre ces températures. Mettez des pulls et vous allez vous habituez très rapidement. 19 n’est vraiment pas si ambitieux que ça donc n’hésitez pas à baisser encore plus si vous le pouvez ! Pour information 1°C de plus en chauffage fait augmenter de 6% à 11% la consommation énergétique de l’installation[17] ce qui a également un impact sur le portefeuille. Il faut aussi savoir que si votre logement est mal isolé vous pouvez consommer 30% d’énergie en plus[18]. L’ADEME nous donne d‘ailleurs ici plusieurs trucs nous permettant de consommer moins.

Objectif : Diminuer son thermostat de 0.5 chaque deux semaines jusqu’à atteindre 19 ou moins.

  

8/ Acheter moins de produits électroniques et électroménagers et s’il le faut, acheter mieux

Acheter moins va de soi surtout quand il s’agit de produits électroniques. Pour cela il suffit de remettre un peu en question ses envies et se demander quelle est la plus-value quand on prend en compte le coût environnemental, humain et climatique de ces achats. Je vous invite d’ailleurs à regarder cette vidéo du Monde sur le sujet des terres rares qui sont à l’origine de ces coûts.

Si vous ne pouvez pas vous passer d’un achat, privilégiez des appareils avec une étiquette énergétique A ou plus. Ces étiquettes sont une obligation imposée par l’Union Européenne qui pose un diagnostic énergétique allant de A+++ à G (les plus n’existent que pour la catégorie A) sur les réfrigérateurs, lave-vaisselles, lave-linges, appareils de chauffage, lampes, téléviseurs, etc. Il faut cependant savoir que les sections A+ à A+++ sont nommées ainsi car les lobbys de l’industrie ont réussi à convaincre les législateurs de ne pas simplement avoir des labels allant de A à J (autrement dit un A est en réalité un D) et ainsi faire croire aux consommateurs qu’un A suffit pour avoir une bonne efficience énergétique. Ceci devrait néanmoins changer en 2021 pour certains produits.

                                                                           

Il est aussi possible d’acheter ces produits d’occasion, soit en passant par magasins classiques (Envie, magasins d’électronique en ligne, etc) soit en passant par des particuliers (Leboncoin, réseaux sociaux, bouche à oreille…).

Objectif : remettre en question ses achats et n’acheter que ce qui est strictement nécessaire en privilégiant des notes énergétiques élevées.

 

9/ Acheter moins de vêtements et s’il le faut, acheter mieux

Les vêtements peuvent être très couteux pour l’environnement, que cela soit à travers l’utilisation de pesticides (10% de la consommation mondiale), la pollution des cours d’eau (2/3 pollués en Chine) et des les quantités faramineuses d’eau utilisées (2500 litres pour un simple t-shirt)[19]. Mais l’industrie du vêtement est aussi très énergivore, elle serait selon certaines estimations la deuxième industrie la plus polluante derrière le pétrole[20]. Un jeans peut faire 65 000 km, soit plus d’1,6 fois le tour de la terre, de sa conception à son achat (culture du coton, filature, teinture, confection, délavage, fermeture éclair, etc). Les textiles représentent 345 millions de tonnes de déchets par an en France[21].

Vous l’avez compris, il faut changer nos habitudes par rapport à cette industrie. Comment ? Il faut simplement acheter moins et acheter mieux. Moins acheter dépend grandement de vous mais aussi de la qualité des produits que vous achetez et de leur origine. Pour cela, il suffit d’utiliser les conseils de l’ADEME ci-dessous, c’est-à-dire acheter d’occasion (friperies, Vinted, etc), privilégiez le coton bio, mais encore essayer d’acheter français (cela peut coûter plus cher), ou même échanger ses vêtements avec d’autres (le troc est très populaire).